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La résistance des paysans urbains - La Provence - Dimanche 10 mars 2013

A Marseille, les paysans urbains font de la résistance

Par Delphine Tanguy

Créé le 11/03/2013 13:09

Publié sur La Provence (http://www.laprovence.com)

Auteur : Photos DTA Légende : Salades à Sainte-Marthe, cotes de blettes et épinards aux Chutes-Lavie, en surplomb de la passerelle de Plombières : à Marseille, hier autosuffisante en maraîchage, les parcelles cultivables ont presque disparu, grignotées par l’urbanisation et l’étalement urbain. Pour la première fois, le PLU va protéger 60 ha de terres agricoles.

En France, chaque année disparaissent "80 000 ha cultivables, soit un stade de foot toutes les cinq minutes", accuse l’association Filière paysanne, militante du Collectif de défense des terres fertiles des Bouches-du-Rhône. Routes, lotissements, zones commerciales : l’urbanisation a presque réduit à néant le trésor de Marseille, ces milliers de parcelles cultivées. Dans les années 60, qui se souvient que cette ville était encore autosuffisante en maraîchage, qu’on y croisait des troupeaux et qu’il n’était pas incongru d’y entendre le ronron d’un tracteur ? Aujourd’hui, si l’on exclut les trois fermes pédagogiques, les derniers paysans de Marseille se comptent sur les doigts d’une seule main. Ce sont des résistants. Les survivants d’un monde près de s’éteindre.

"On est des extraterrestres !, s’exclame Lucien Garnerone, qui cultive depuis trente ans ses salades à Tour-Sainte (14e), au-dessus des cités des Micocouliers et du Vieux-Moulin. Au Crédit agricole de Marseille, ils n’ont aucune idée de ce qu’est un agriculteur. Ils n’en voient plus jamais !" "Il y a dix ans, quand on tentait de faire valoir aux élus l’importance de préserver des terres agricoles,appuie André Villeneuve, conseiller à la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône, on nous riait au nez ! Aujourd’hui, on assiste enfin à une petite prise de conscience."

Pour la première fois, le Plan local d’urbanisme propose de protéger 60 ha de "terres vraiment cultivables, précise André Villeneuve. La Ville de Marseille parle volontiers de 160 ha, mais elle y inclut les plateaux caillouteux du domaine de la Mûre, où l’on ne pourra jamais rien faire pousser". À la Betheline, au-dessus de Château-Gombert, on rêve de cultiver la vigne et de créer peut-être un jour un "vin de Marseille" ! À la Valentine, les Filles du Coeur de Jésus, qui résistent depuis des années aux pressions pour sauver le magnifique domaine de la Serviane, vont pouvoir souffler : leurs terres doivent être classées. Au grand dam de l’OM, qui rêvait de s’étendre sur ce verger béni...

"On a déjà perdu un patrimoine extraordinaire !"

Monique Diano copréside les Paniers Marseillais, qui mettent en relation petits producteurs bio des environs de Marseille et consommateurs urbains. Elle siège aussi au conseil de développement de MPM : "On a perdu un patrimoine extraordinaire et on continue malheureusement", enrage-t-elle.

Ce matin, à 10 h, elle participera, 74 bd du Dr Jean-Perrin (14e), à la plantation d’un "verger de la colère", à l’appel du Collectif pour la défense des terres fertiles. Des arbres contre le béton : la Bastide Bel-Air et son parc sont menacés par un programme immobilier. Ancienne propriété de l’Armée, elle a été cédée à la Ville. Le jeune architecte Antoine Ferraro a imaginé pour le site un contre-projet de valorisation douce, où l’homme et la nature pourraient se retrouver. "Il va bien falloir changer la manière de faire la ville", soutient cet utopiste résolu. Qui sait ne rien inventer : on a bien retrouvé sur la colline de St-Barthélémy les vestiges d’une ferme...

Marchés et paniers paysans, potagers ouvriers, partagés, ensemencement des friches, jusqu’aux tentatives de fleurissement des trottoirs (rues de l’Arc, Sénac, Brochier...) : à Marseille, comme dans toutes les grandes villes occidentales, les citadins expriment un besoin de retour au jardin, à la terre. On bine désormais avec le même bonheur au Plan d’Aou et à la Pomme.

Et les paysans, dans tout ça ? Ceux qui s’accrochent ne le regrettent pas. "Avec les scandales alimentaires, prédit André Villeneuve, la demande en circuits courts va même croître." A la Valentine, on s’arrache les pigeons et abricots d’Edouard Lamonica. À Sainte-Marthe, Lionel Garnerone, 32 ans, et sa soeur Delphine, 36 ans, vont étendre l’exploitation créée par leur père dans les années 80 : "Ici, il y a une très bonne terre, un microclimat. Tout pousse !", sourit Lucien. Le mesclun marseillais, sa spécialité, à base de variétés anciennes, fait un tabac au tout proche Min des Arnavaux. "Quand on fait de la qualité, on peut en vivre", soutient-il.

Lionel, lui, rêve de se "diversifier", avec "du porc fermier". À 10mn du métro Bougainville, on entend le caquètement des poules, le glouglou du canal de Marseille où Yves Robert a tourné LeChâteau de ma mère. Le tracé de la RD4D devait emporter la moitié de leur ferme, les Garnerone pensent l’avoir sauvée, in extremis : attaquée de toutes parts, la nature n’a pas dit son dernier mot.

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